Une récente étude sur le déclassement social montre une progression limitée du phénomène. De quoi s’agit-il ? Les jeunes ne parviennent pas à obtenir une situation sociale, notamment par leur travail, au moins équivalente à celle de leurs parents. Pour faire simple : des enfants de cadres sont ouvriers ou employés. C’est le sentiment que cela va leur arriver qui progresse...Cet aspect masque une autre réalité : le déclassement social touche des salariés en cours de carrière. Cela peut être dû à un accident de la vie, maladie, incapacité, invalidité... C’est de plus en plus le cas à la suite de la perte de son emploi. À la difficulté de se réinsérer dans le marché du travail, lorsqu’on y parvient, s’ajoute une situation où l’on est parfois nettement moins bien rémunéré. Tout ceci est amplifié par la crise mais aussi par la pression de la concurrence internationale.
Le désarroi qui frappe celles et ceux qui découvrent leur prochain licenciement est accentué par la perception que rien ne sera jamais comme avant, que c’est le début d’une lente descente aux enfers. Cela justifie-t-il des menaces de faire sauter son entreprise ? Posons-nous la question : savons-nous expliquer pourquoi des milliers de personnes se suicident chaque année ? Une conjonction d’événements conduit à cette triste réalité. Nous devons tout mettre en œuvre pour ne pas en arriver là !
Pour éviter la perte d’emploi qui déclasse, il faut une économie saine et solide. La notre a beaucoup de progrès à faire. Souhaitons que nous donnions enfin le coup de collier pour bien préparer l’avenir en investissant à bon niveau dans les programmes créateurs de richesses pour tous. Il faut également soutenir les entreprises en difficulté temporaire en maintenant les salariés dans leur emploi, en les formant, en facilitant leur reclassement.
C’est ce à quoi les partenaires sociaux et les pouvoirs publics travaillent depuis des mois. Mais précisément, pouvoir faire notre travail sur le terrain, écouter, aider, accompagner les salariés nécessite des militants formés et disponibles ! Il nous faut rattraper le retard pris. Depuis des dizaines d’années, le syndicalisme est ignoré, méprisé, fustigé. La tâche est immense ! Je sais compter sur vous... Reprenons des forces durant ces congés.
Bonnes vacances !
Bernard Van Craeynest
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